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Rupture conventionnelle 2026 : guide complet, indemnités et procédure

📅 22 mai 2026 ⏱ 11 min de lecture 👁 Emploia Editorial

La rupture conventionnelle est le mode de rupture du contrat de travail préféré des Français. En 2025, plus de 540 000 ruptures conventionnelles ont été signées — un record. C'est simple à comprendre : elle permet au salarié de partir avec des indemnités et de toucher le chômage, et à l'employeur d'éviter une procédure de licenciement.

Mais derrière cette simplicité apparente, il y a des règles précises à connaître avant de négocier. Ce guide vous donne tout ce dont vous avez besoin.

540k
RC signées par an en France
6 sem.
Durée minimale de la procédure
100%
Droit au chômage garanti

Qu'est-ce que la rupture conventionnelle ?

La rupture conventionnelle (RC) est un accord à l'amiable entre un employeur et un salarié en CDI pour mettre fin au contrat de travail. Elle est régie par les articles L.1237-11 à L.1237-16 du Code du travail et existe depuis 2008.

✅ Rupture conventionnelle

  • Accord mutuel
  • Indemnités légales
  • Chômage (ARE) garanti
  • Pas de préavis à effectuer
  • Procédure courte (6-8 sem.)

❌ Démission

  • Décision unilatérale
  • Aucune indemnité
  • Pas de chômage (sauf légitime)
  • Préavis à effectuer
  • Départ immédiat possible

➡️ Licenciement

  • Décision de l'employeur
  • Indemnités légales
  • Chômage garanti
  • Préavis à effectuer
  • Procédure plus longue

Conditions pour bénéficier d'une rupture conventionnelle

Cas particuliers : La protection de la salariée enceinte ne s'oppose pas à une RC — elle doit simplement donner son accord librement. Idem pour les représentants du personnel, mais la convention doit être soumise à l'inspection du travail (DREETS) et non à l'homologation habituelle.

La procédure étape par étape

1

Demande et accord de principe

L'un ou l'autre des parties propose la rupture conventionnelle. Il n'y a pas de forme imposée : ça peut être un email, une conversation, une lettre. Dès lors que les deux parties sont d'accord pour en discuter, la procédure peut commencer.

2

Entretien(s) préalable(s)

Au moins un entretien doit avoir lieu pour convenir des conditions de la RC (date de rupture, montant des indemnités). Vous pouvez vous faire assister par un salarié de l'entreprise ou, si l'entreprise n'a pas de représentants du personnel, par un conseiller extérieur (liste disponible à la DREETS ou à la Mairie).

3

Signature de la convention

La convention de rupture est rédigée sur le formulaire officiel CERFA n°14598*01 (disponible sur travail-emploi.gouv.fr). Elle précise la date de rupture du contrat et le montant des indemnités. Les deux parties signent.

4

Délai de rétractation — 15 jours calendaires

Après la signature, chaque partie dispose de 15 jours calendaires pour se rétracter par lettre recommandée avec AR. Ce délai commence le lendemain de la signature. Si les deux parties souhaitent avancer, elles peuvent simplement laisser ce délai s'écouler.

5

Homologation par la DREETS — 15 jours ouvrables

La convention est transmise à la DREETS (ex-DIRECCTE) qui dispose de 15 jours ouvrables pour l'homologuer ou la refuser. Sans réponse dans ce délai, la convention est considérée comme homologuée. La rupture prend effet au plus tôt le lendemain de l'homologation.

Délai total minimum : 15 jours (rétractation) + 15 jours ouvrables (homologation) = environ 6 semaines. La date de rupture doit impérativement être postérieure à la fin du délai d'homologation.

Calcul des indemnités de rupture conventionnelle

L'indemnité légale minimum est calculée sur la base de votre salaire brut moyen des 12 derniers mois (ou des 3 derniers si plus favorable) :

AnciennetéIndemnité minimum
Jusqu'à 10 ans d'ancienneté1/4 de mois de salaire brut par année
À partir de 11 ans d'ancienneté1/3 de mois de salaire brut par année (pour les années > 10)
Exemple de calcul — Salarié avec 7 ans d'ancienneté
Salaire brut mensuel moyen
3 500 €
Ancienneté
7 ans
Formule
3 500 × (1/4) × 7
Indemnité légale minimum 6 125 €
Exemple de calcul — Salarié avec 14 ans d'ancienneté
Salaire brut mensuel moyen
5 200 €
10 premières années
5 200 × (1/4) × 10 = 13 000 €
4 années supplémentaires
5 200 × (1/3) × 4 = 6 933 €
Indemnité légale minimum 19 933 €

Important : convention collective et négociation

Votre convention collective peut prévoir une indemnité plus favorable (jamais moins favorable que le légal). Le montant indiqué ci-dessus est un minimum — vous pouvez et devez négocier plus selon votre situation, votre ancienneté, et la raison réelle qui pousse à la RC.

Éléments à négocier : montant des indemnités, date de rupture, éventuels avantages en nature (ordinateur, voiture), solde de RTT/congés payés, attestation de travail positive.

Rupture conventionnelle et chômage

C'est l'un des grands avantages de la RC : vous avez droit aux allocations chômage (ARE) dès lors que vous avez travaillé au moins 130 jours (910 heures) sur les 24 derniers mois.

Attention au délai de carence : avant de percevoir vos allocations, vous devez attendre :

Fiscalité des indemnités

L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle bénéficie d'un régime fiscal avantageux :

Les pièges à éviter

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Questions fréquentes

A-t-on droit au chômage après une rupture conventionnelle ?
Oui. La rupture conventionnelle ouvre droit aux allocations chômage (ARE) à condition d'avoir cotisé au moins 130 jours sur les 24 derniers mois. Un délai de carence s'applique avant le versement (7 jours + délai lié aux congés et indemnités).
Quel est le montant minimum des indemnités ?
L'indemnité légale minimale est de 1/4 de mois de salaire brut par année pour les 10 premières années, puis 1/3 au-delà. Votre convention collective peut prévoir un montant plus favorable — vérifiez toujours les deux.
L'employeur peut-il refuser une rupture conventionnelle ?
Oui. La rupture conventionnelle est un accord mutuel — ni l'employeur ni le salarié ne peut l'imposer. Si l'employeur refuse, vous pouvez démissionner (sans chômage) ou attendre un éventuel licenciement.
Combien de temps dure la procédure ?
Au minimum 6 semaines : 15 jours de rétractation + 15 jours ouvrables d'instruction DREETS. En pratique, comptez 6 à 8 semaines entre l'accord de principe et la fin du contrat.
Les indemnités sont-elles imposables ?
Partiellement. L'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 2× le plafond annuel de la Sécurité sociale (92 736€ en 2026). Au-delà, elle est taxée normalement.